Marcher, marcher, marcher. Jusqu'à épuisement. Le vent souffle, chaque bourrasque fait cogner mon coeur un peu plus fort dans ma poitrine. Ce soir, il est tellement gros qu'il me monte au bord des lèvres... J'aimerai bien le vomir mais je peux pas, j'ai pas le droit, c'est mal. Il y a des interdits, des tabous, des non-dits. Et des secrets. On m'a dit "vit". Alors voilà, je traîne ma carcasse jusqu'à l'apoplexie, quand mon coeur sera devenir si gros qu'il nous étouffera, moi et mon tas de souvenirs, mon tas de regrets, mon tas d'incertitudes et mes frissons.
Il faudrait quelque chose c'est sûr, maintenant. Un train et, montre en main, je monterai sur le comptoir d'étain, chanter mes comptines à boire et à reboire, pour tout simplifier, pour rien oublier. Lève toi et marche. Ah putain de monde qui tourne pas rond, putain de tête qui tourne trop vite.
Je pensais faire un pas, et imaginer le reste du parcours au fond de mon fauteuil. Mais on m'a poussé, je perds l'équilibre, et il va bien falloir se résoudre à entamer cette randonnée.
Si je meurs, je veux être incinérée.
Nan, je suis pas dans un desespoir profond et insurmontable. J'me prend des claques, c'est tout.